20 février 2011
Du cinéma d'exploitation...
18 juin 2010
EXTRAIT DE L'ACTE III : le thalictre
9 juin 2010
Le ralenti, métaphore érotique et morbide
Dans notre opéra le Jardin des supplices, il s'agit d'exprimer des récurrences obsessionnelles plutôt que des gestes réitérés.
L'action décomposée illustre davantage l'échec d'un aboutissement, la tyrannie d'une insatiable morbidité. L'accomplissement, au sens klimtien du terme, semble impossible... Kinda Mubaideen soulignait très bien le caractère exclusif et par là même admirable de Clara: elle va jusqu'au bout, au mépris de toute contingence morale...
Je suis l'ombre d'une ombre qui s'est enlisée**, écrivait Michaux...
* Michel CHION, la Musique au cinéma, Fayard, 1995
** Henri MICHAUX, La Ralentie, Dans Lointains intérieurs suivi de Plume, Gallimard, 1938
29 mai 2010
Retour sur le thalictre
30 mars 2010
25 mars 2010
20 mars 2010
Un néoclassicisme dévoyé 2/2
Lebensztejn distingue ainsi l’art de David et celui de Goya : l’espagnol met à nu une monstruosité essentielle de l’imagination combinatoire (traduite dans les Disparates), tandis que le vieux David lui donne les dehors du théâtre de boulevard.
Quelle est au fond la plus effrayante et la plus insidieuse sinon celle qui se donne des poses et un air badin ? Ne peut-on pas, dans le Jardin des Supplices, partie éponyme du livre de Mirbeau, parvenir au même constat de dévoiement, à travers la coexistence de scènes familières qui sont le support du meurtre ou de l’idéal végétal qui sert d’écrin au démembrement et à la torture ?
Le tourmenteur constitue à lui seul une curieuse figure à l’identité ambiguë, eunuque par procuration dont l’ambition suprême, ou le caprice fanfaron du moment, est d’inverser l’identité sexuelle par la torture. L’exilé David accomplit, avec son Mars et Vénus* la dévirilisation du guerrier : ses parties sexuelles sont dissimulées par une colombe blanche qui en bécote une autre familièrement installée sur sa cuisse, sa lance est encore dressée mais fléchit, et Cupidon, avec un rictus effrayant commence à lui retirer sa sandale… L’œuvre fourmille de symboles sexuels.
Mirbeau ne fait pas autrement avec son narrateur, peu à peu dépossédé de son statut dominateur, de la préséance de mâle. La description du personnage, et sa traduction mordante par la librettiste Kinda Mubaideen**, confine à l’absurde: incantatoire et impertinent, tour à tour acerbe et louvoyant, le bourreau livre un manifeste de la beauté née des greffes, de l’hybride, en un mélange détonant d’onirisme, de réalisme et de comique. Son intervention tient à la fois du rituel amoureux et guerrier.
* Mars désarmé par Vénus et les grâces, 1824, Musées royaux des Beaux arts de Bruxelles
** à lire ou à relire ici et là.
Les citations en italiques sont empruntées à l’essai de Jean-Claude Lebenszejn déjà cité, et plus particulièrement à l’article Histoires Belges in De l’imitation dans les beaux-arts, Editions Carré, 1996, p. 33 à 48
14 mars 2010
Un néoclassicisme dévoyé 1/2
Jean-Claude Lebensztejn évoque dans un essai audacieux* les dernières années de David, grand peintre néoclassique exilé à Bruxelles. Les critiques d’hier et d’aujourd’hui sont acerbes : les contemporains constatent à propos de ces œuvre ultimes, qualifiées de sinistres mythologies bruxelloises, les couleurs émaillées, dures et désagréables, les conventions, le maniérisme. Il est question d’un idéal perverti, d’un beau de réunion que fustigeait Füssli, et que nous avons déjà évoqué ICI.
Le tourmenteur est à sa manière un néoclassique, amateur de vrai et de beauté, ce qui conduit paradoxalement à cette esthétique de l’hybride et de l’assemblage : cet idéal qui procède empiriquement, par la sélection des plus belles parties de la nature et leur combinaison en un tout exquis, cet idéal, donc, est censé effacer les sutures. Dans les tableaux du peintre exilé, et c’est J.C Lebensztejn qui l’affirme, l’idéal n’est plus une fin en soi mais un élément de la combinatoire, associé à des caractères réalistes qui fléchissent l’intention de vérité, la gauchisse, la pervertisse… Le tourmenteur serait une incarnation décadente du sculpteur néoclassique, par exemple un Canova assumant les outrages, ou l’héritier prodigue et pervers du peintre Zeuxis, mythe fondateur de ce beau de réunion.
*Jean-Claude Lebenszejn, De l’imitation dans les Beaux-arts, Editions Carré, 1996
10 mars 2010
ANALOGIE 1/
1 mars 2010
24 février 2010
ACTE II, second extrait
16 janvier 2010
ACTE II, premier extrait
Livret: Kinda MUBAIDEEN
Musique: Détlef KIEFFER
Clara (Soprano): Marie-Madeleine KOEBELE
Récitant (narrateur): Détlef KIEFFER
Réalisation musicale: Max GRUNDRICH
Vidéo / animations: Erik VIADDEFF
3 janvier 2010
La géographie du corps
J’ai déjà fait état ici des apports américains* qui, dans ce domaine, parsèment l’image animée. Geography of the body (1943) de Willard Maas fédère les concepts surréalistes majeurs, l’Informe et l’analogie. Tout y est : la sexualité, la fragmentation, la volonté anti-idéaliste. Le commentaire de George Barker explicite le titre. Cette voix off est partie intégrante du film.
Le morcellement*** devient en même temps l’évocation d’une perception épidermique, une topographie mystérieuse et la métaphore d’une violence « déformante » faite au corps.
* Voir aussi les articles consacrés à Marie Menken, Carolee Schneeman, et Maya Deren.
** Les articles concernant l’informe peuvent être lus ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6.
*** à lire ou à relire, l'Invitation au supplice par Nabokov (1 et 2)
29 décembre 2009
Seconde amie...
22 décembre 2009
J'ai trois amies, séquence 3
16 décembre 2009
10 décembre 2009
Les formes artistiques de la nature 2/2
Si la publication de cet ouvrage est contemporaine, voire même postérieure à celle du Jardin des supplices, nul doute que Mirbeau, curieux de tout et des plantes en particulier, ait pu s’y intéresser. Mirbeau aura eu également connaissance de l’autre référence du savant, l’Histoire de la création des êtres organisés d’après les lois naturelles (1868).
Le livre n’aborde pas seulement le règne végétal. Le naturaliste se passionne pour les organismes marins inférieurs, parmi lesquels les radiolaires, les éponges calcaires et les méduses**.
On est frappé à quel point certaines formes se réitèrent, s’affirment à travers des organismes issus de mondes distincts. Les planches lithographiques, plus particulièrement les nombreuses feuilles aux lignes blanches sur fond noir, renforcent cette récurrence. C’est le but: ramener l’infinie variété formelle des plantes et des animaux à quelques classes de formes élémentaires***. (EV)
* Cité par Erika Krause, l’Influence de Ernst Haeckel sur l’Art nouveau in l’Âme au corps, Arts et sciences, 1793-1993, catalogue d’exposition, RMN/Gallimard /Electra, 1993, pp.342-351
** Evoquées dans les articles 1, 2, 3, 4.
*** J’emprunte cette phrase à l’article d’Erika Krause.
5 décembre 2009
Les formes artistiques de la nature 1/2
D’aucuns prêtent à ce savant la paternité de l’écologie. On relève aussi que ses écrits sont empreints de racisme, qu’il fut hélas un pionnier de l’eugénisme et qu' Hitler ne s’y trompa pas, usant des écrits d’Haeckel pour asseoir des allégations prétendument scientifiques... L’œuvre la plus populaire d’Haeckel , Kunstform der Natur, parue entre 1899 et 1904, n’en demeure pas moins digne d’intérêt. L’ouvrage est d’abord un livre d’images où se côtoient réalité et merveilleux... (EV)











